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FIELD NOTES

Rainbow Pages 2 : GraphQL, autorisation et requêtes qui changent de forme

Étudier GraphQL comme langage de graphe et les failles d’autorisation cachées par sa flexibilité.

Cette note est une lecture théorique du challenge Rainbow Pages 2, présent dans la catégorie Web de Hackropole. Elle ne donne ni flag ni recette officielle : elle construit le modèle mental nécessaire pour comprendre la famille de vulnérabilités visée.

L’idée en une image

Une API REST expose des portes. GraphQL expose un plan du bâtiment : le client choisit les pièces à traverser. Chaque passage doit donc vérifier l’autorisation.

Dans un challenge web avancé, la vulnérabilité est rarement « une ligne ». Elle apparaît quand plusieurs composants n’ont pas la même définition d’une URL, d’un objet, d’une identité ou d’un contenu sûr.

Le modèle technique

Le schéma valide les types, pas les droits métier. Aliases, fragments, introspection, batching et relations imbriquées multiplient les chemins vers une même donnée. L’autorisation doit être attachée à la ressource ou au resolver, pas seulement à la requête racine.

Le réflexe utile est de dessiner les frontières : navigateur, reverse proxy, serveur, worker, base de données, bot. Pour chaque frontière, noter ce qui est parsé, normalisé, validé et transmis.

Indices à chercher

  • Un objet sensible joignable depuis plusieurs relations
  • Des identifiants globaux ou prédictibles
  • Des contrôles présents sur une query mais absents sur un resolver enfant

Un indice ne devient une preuve qu’après une observation reproductible. Préférer une différence bénigne — code HTTP, longueur, timing, valeur affichée — à une charge complexe impossible à diagnostiquer.

Démarche d’analyse

  1. Cartographier le schéma comme un graphe.
  2. Comparer les chemins menant au même type.
  3. Tester autorisation objet par objet.
  4. Mesurer profondeur, complexité et batching.

Travailler avec une matrice aide beaucoup : lignes pour les acteurs, colonnes pour les objets et cases pour les opérations. Les trous de sécurité deviennent visibles lorsque deux chemins censés être équivalents appliquent des règles différentes.

Là où le niveau hardcore commence

Les protections existent souvent, mais au mauvais endroit ou sur une représentation intermédiaire. Une validation de chaîne peut être annulée par le parseur suivant ; un contrôle sur la route racine peut être contourné par une relation ; une propriété nettoyée peut réapparaître via héritage.

La question centrale n’est donc pas « le filtre bloque-t-il mon payload ? », mais : quelle représentation le composant décisif utilise-t-il au moment de prendre sa décision ?

Fausses pistes classiques

  • Traiter l’introspection comme la vulnérabilité principale.
  • Tester seulement les opérations documentées.
  • Confondre validation de type et contrôle d’accès.

Construire une preuve minimale pour chaque hypothèse. Si trois mécanismes sont testés en même temps, un échec ne dit pas lequel est faux.

Ce que l’architecte sécurité doit en retenir

Centraliser l’autorisation au niveau domaine, limiter la complexité et journaliser les opérations normalisées.

Les meilleures défenses réduisent le nombre d’interprétations possibles : types stricts, politiques centralisées, sorties encodées selon leur contexte, identités propagées explicitement et accès réseau contraints.

Exercice conseillé

Reproduire le mécanisme sur une application locale minuscule avec deux utilisateurs, deux origines et un seul objet sensible. Ajouter ensuite proxy, bot ou cache. Cette progression révèle exactement à quel moment l’invariant de sécurité se casse.

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